Conseils gagnants pour réussir son entretien d’embauche | Ordre des administrateurs agréés du Québec

Conseils gagnants pour réussir son entretien d’embauche

Publié le : 17 octobre 2017 | Dernière modification le : 20 octobre 2017

Vous avez décroché une entrevue d’embauche ? Bravo! Voici quelques conseils pour réussir cet entretien qui sera déterminant pour la suite des choses.

«Un entretien d’embauche, c’est un peu comme un casting», affirme d’emblée Marc-André Robert, Adm. A., CRHA, associé chez Global Ressources Humaines. «Certes, l’expérience et la formation sont importantes, mais les recruteurs recherchent aussi un profil, une personnalité. Pour ma part, je privilégie les candidats dynamiques, énergiques, et prêts à apprendre», ajoute-t-il. Une bonne nouvelle pour les jeunes diplômés sans expérience professionnelle et les nouveaux arrivants qui n’ont jamais travaillé au Québec!

Démontrer son intérêt

En entrevue, on est là pour parler de soi et répondre aux questions du recruteur, mais pas seulement. Pour bien saisir ce que l’on attend de nous, n’hésitez pas à demander des précisions sur l’emploi à pourvoir. «On doit également démontrer que l’on s’intéresse à l’entreprise, à ses projets, que l’on s’est renseignée à son sujet. On en profite pour faire des liens avec sa propre expérience», indique M. Robert. Ainsi, un nouveau diplômé pourrait mentionner un travail de fin de session illustrant ses connaissances dans un domaine particulier, ou encore sa capacité à travailler en équipe et son leadership. Un immigrant arrimera sa propre expérience de travail à l’étranger avec les attentes pour le poste, en établissant par exemple son aptitude à s’adapter et sa volonté d’apprendre.

Vous manquez d’expérience ?

Pas facile de démontrer que l’on a l’expérience requise lorsque l’on est un nouveau diplômé. Mais vous avez d’autres atouts! «Si l’on vient de terminer ses études, on doit faire ressortir ses forces : les apprentissages académiques que l’on a réalisés, les travaux en équipe, ses habiletés de recherche et sa connaissance des nouvelles technologies, sa rigueur intellectuelle, etc.», recommande Médina Cayer, Adm. A., CRHA, consultante en développement organisationnel, associée et cofondatrice d’Iceberg Management. À cela on ajoute évidemment toute expérience de travail, de bénévolat ou activités parascolaires qui ont un lien avec le poste convoité. «L’essentiel est de prouver, en donnant des exemples concrets, que l’on possède des acquis transférables et pas seulement un savoir théorique, et que l’on a développé des compétences-clés», explique madame Cayer.

La même difficulté se pose pour les nouveaux arrivants. Elle peut toutefois être contournée de façon similaire, en illustrant les compétences transférables acquises dans d’autres emplois à l’étranger. «Ce n’est pas facile de repartir à zéro dans un autre pays. Pour trouver du travail, il faut posséder la terminologie du milieu, ce qui nécessite d’avoir intégré préalablement les codes de la société», indique Isabelle Bédard, F. Adm. A., C.M.C., CRHA et PDG de la firme CIB Développement organisationnel. Or, cela prend du temps… Madame Bédard ajoute qu’un immigrant de fraîche date n’aura peut-être pas le succès escompté dans sa recherche d’emploi s’il pose sa candidature à des postes équivalents à ceux qu’il avait auparavant. À compétences égales, les recruteurs vont probablement lui préférer un candidat qui connaît déjà les «coutumes locales». «Pour débuter, on applique donc une démarche progressive. Même si ce n’est pas l’emploi de nos rêves, qu’il est en dessous de nos compétences, une première expérience de travail aidera à se faire connaître et à mieux se positionner pour la suite des choses», dit Isabelle Bédard.

Les questions piège

Les candidats attendent toujours avec angoisse les fameuses questions pièges... Parmi celles-ci, on retrouve la classique : « Décrivez-nous l’un de vos défauts ». La plupart des gens répondent «perfectionniste», mais ce n’est pas un défaut! «Mentionnez plutôt l’une de vos réelles faiblesses, en précisant comment vous travaillez à vous améliorer. Par exemple : j’ai du mal à prioriser les dossiers ou les urgences, alors j’ai développé un système de liste pour m’y aider», conseille Médina Cayer.

Que répondre à : «Où vous voyez-vous dans cinq ans ?». Ici, l’idée générale est de montrer que l’on recherche la stabilité et que l’on souhaite progresser dans l’organisation. «Rappelez-vous que le recruteur n’a pas envie d’avoir à pourvoir le poste à nouveau dans deux ans. Ne lui laissez pas entendre que vous allez quitter à la première occasion», souligne Marc-André Robert.

«Parlez-nous de votre dernier employeur» : attention, il est très mal vu de dire du mal de celui-ci, et ce même si cette expérience s’est mal déroulée. Insistez plutôt sur l’aspect positif et sur ce que vous avez appris. 

Si l’on vous demande quel salaire vous espérez recevoir pour le poste, mentionnez plutôt une fourchette. Vous aurez pu vous faire une idée sur celle-ci en vous renseignant au préalable sur la rémunération accordée pour ce type d’emploi dans l’industrie, en consultant les annonces d’autres employeurs par exemple.

Quoi qu’il arrive, restez calme et gardez en tête que les recruteurs, quelle que soit la question, veulent surtout voir de quelle façon vous réagissez dans différents types de situation.

Bien se préparer

Mais ça ne s’improvise pas, et pour marquer des points en entrevue, il est essentiel de bien se préparer. Pour cela, avant le rendez-vous, on revoit l’offre d’emploi, on effectue des recherches sur la mission de l’entreprise, ses objectifs, qui sont ses clients, les grands défis du secteur d’activité, etc. C’est essentiel pour savoir de quoi on parle et pour adapter ses réponses à l’employeur.

On s’entraîne aussi à parler à voix haute afin de trouver les bons mots et de ne pas hésiter dans nos réponses lors de l’entrevue. Utilisez un vocabulaire qui reflète les attentes du recruteur et les valeurs de l’entreprise : esprit d’équipe, sens de l’initiative, flexibilité, etc. On pense aussi à faire ressortir ses réussites ou belles initiatives : par exemple, avoir contribué à réorganiser un système de classement désuet, etc.

«Il faut également connaître son CV par cœur, car les recruteurs cherchent à détecter les trous ou les incohérences dans le parcours des candidats. On doit donc maîtriser l’ordre chronologique, les séquences d’emploi et les dates», conseille Isabelle Bédard.

Un dernier conseil ? Planifiez soigneusement votre déplacement pour vous assurer d’arriver à l’heure à l’entretien. Un retard au premier rendez-vous, ça ne pardonne pas !

Propos recueillis par Emmanuelle Gril, journaliste

Imprimer