Apprendre à gérer sa marque personnelle | Ordre des administrateurs agréés du Québec

Gestionnaire immigrant : apprendre à gérer sa marque personnelle

Publié le : 24 juillet 2017 | Dernière modification le : 25 juillet 2017

En tant que gestionnaire, vous aviez su vous positionner sur le plan professionnel dans votre pays d’origine, mais en immigrant, vous changez la donne. Quel diplôme et quelles compétences mettre de l’avant une fois au Québec ? Comment faire ressortir vos talents et bonifier votre candidature? Petit guide pour bien gérer votre marque personnelle.

L’immigration permet d’ouvrir de nouveaux horizons, et d’une certaine manière, de se réinventer. Cependant, d’un point de vue professionnel, il n’est pas toujours possible ni souhaitable d’opérer des changements drastiques, surtout si l’on avait déjà entamé une carrière dans son pays d’origine. Qui plus est, une fois vos valises posées dans votre terre d’adoption, il ne sera pas toujours facile de retrouver vos marques.

Commence alors un processus de tâtonnement – parfois long – pour tenter de renouer avec vos acquis et de décrocher un poste équivalent à celui que vous aviez dans votre pays. Or, les opportunités de carrière qui vous attendent au Québec peuvent s’avérer décevantes : vos diplômes ne seront pas toujours reconnus ni même votre expérience professionnelle. Tournez cette période de transition à votre avantage en prenant le temps de réfléchir à la façon dont vous vous positionnez sur le marché du travail, et en apprenant à gérer votre marque personnelle efficacement. Voici quelques conseils pour tirer votre épingle du jeu.

 

Se ressourcer pour mieux avancer

Après avoir occupé des emplois qui ne correspondaient pas à ses compétences et à sa formation, Dorette Mekamdjio, Adm. A., Camerounaise arrivée au Québec en 2006, a décidé de prendre le taureau par les cornes. Elle commence donc par suivre les cours pour un certificat de perfectionnement en gestion à l’Université du Québec à Montréal, puis poursuit avec une maîtrise à l’École nationale d’administration publique. «Ce fut une expérience indispensable pour me ressourcer et mettre à jour mes connaissances en gestion. Faire des études permet du même coup de mieux comprendre et intégrer sa société d’accueil. Pour ma part, cela a aussi constitué un élément déclencheur : j’ai non seulement confirmé mon intérêt pour la gestion, mais je me suis résolument orientée vers la gestion des ressources humaines», témoigne-t-elle. S’appuyant sur ses nouveaux acquis, Mme Mekamdjio a ensuite décroché le poste de directrice du Centre des femmes de Montréal-Est/Pointe-aux-Trembles, qu’elle occupe depuis quatre ans.

Elle souligne que la gestion est un domaine très vaste qui offre de nombreuses ouvertures et possibilités. Un atout, mais aussi un inconvénient, dans la mesure où il peut conduire à courir trop de lièvres à la fois sur le plan professionnel… À cet égard, elle recommande donc de bien préparer son atterrissage au Québec en se fixant des objectifs clairs et des orientations précises, tout en demeurant relativement souple. «Car il faut rester ouvert d’esprit et ne pas se fermer à des possibilités qui pourraient s’avérer prometteuses», conseille-t-elle.

 

Cibler les besoins

Le retour aux études de Mme Mekamdjio l’a aidée à mieux se positionner sur le marché du travail, mais aussi à prendre confiance en elle. Une confiance qui est absolument nécessaire pour projeter l’image de compétence que l’on souhaite donner aux employeurs potentiels.

Car une intégration réussie sur le marché du travail nécessite d’apprendre à se vendre, à montrer ce qu’on sait faire et à mettre de l’avant son savoir-faire. «On doit développer une approche client, se mettre à l’écoute des besoins de ces derniers au lieu d'imaginer quels sont ces besoins. En adaptant notre démarche, on maximise nos chances de réussite», conseille Amédée Nieki Zanga, Adm. A., originaire de la République démocratique du Congo, au Québec depuis 2009. M. Nieki Zanga qui est aujourd’hui chef amélioration opérationnelle au sein de la Coopérative laitière Agropur, explique par exemple que dans son domaine, l’expertise en méthodologie d’amélioration continue est très recherchée. Une formation dans ce secteur constituera donc un atout de poids.

 

Gestion de marque

Faire le point sur sa carrière et ses attentes, développer un plan d’action pour mieux se vendre ou se réinventer sur le plan professionnel, puis se fixer des objectifs font tous partie de la stratégie globale qui aidera à mieux gérer sa marque personnelle et à se bâtir une bonne réputation dans le milieu.

Se créer une identité professionnelle et la faire valoir passe toutefois par plusieurs étapes. Pour procéder de façon ordonnée, on commence par déterminer ses forces et faire un inventaire de ses réalisations. Quels sont les mots-clés qui pourraient vous définir, quel est votre ADN professionnel? Voici les questions auxquelles vous devriez pouvoir répondre au terme de cet exercice. N’hésitez pas à demander leur avis à des proches, d’anciens employeurs ou collègues de travail, puis comparez ce qui ressort avec vos propres réflexions.

La façon dont vous présenterez ensuite votre cursus universitaire et votre cheminement professionnel est tout aussi important, tant dans votre CV que sur LinkedIn par exemple. C’est là qu’il faudra mettre en relief les éléments que vous souhaitez faire ressortir, et les arrimer avec des formations et des expériences professionnelles pertinentes.

Sachez vous libérer de la présentation par ordre chronologique pour insister sur vos forces et ce qui vous distingue des autres professionnels. Définissez vos champs de compétences spécifiques, vos habiletés et vos talents, sans pécher par excès de modestie! Car au bout du compte, c’est ce qui fait de vous un professionnel unique qui constitue votre positionnement de marque.

Propos recueillis par Emmanuelle Gril, journaliste.

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