Julien Le Maux | Ordre des administrateurs agréés du Québec

Portraits d’Adm.A.

Julien Le Maux

Adm.A.

Professeur agrégé | Département des sciences comptables de HEC Montréal

Publié le : 31 octobre 2015

Julien Le Maux est professeur agrégé au département des sciences comptables de HEC Montréal. Il a reçu en 2014 le Prix du ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science, catégorie volumes (enseignement universitaire), pour son ouvrage Analyse financière. Julien Le Maux est membre de l'Ordre depuis mai 2014.

Qu’avez-vous étudié et pourquoi ?

Durant mes études, j’ai toujours cherché une certaine interdisciplinarité et cela m’a incité à obtenir des diplômes dans des champs d’études différents. La trop grande et trop rapide spécialisation imposée par les universités m’a toujours paru frustrante. C’est une des raisons pour laquelle j’invite tous les étudiants à s’ouvrir l’esprit en empruntant différents chemins dans leurs parcours universitaires. La finance, le droit et la comptabilité sont les trois piliers de mon cursus universitaire. En France, j’ai obtenu un master en finance d’entreprise et un doctorat en sciences de gestion de l’Université Paris 1 Sorbonne ainsi qu’un master en droit des affaires de l’Université Paris 2 Assas. J’ai également obtenu le Diplôme d’Études Supérieures en Comptabilité et Finance destiné aux futurs experts-comptables.

Depuis mon arrivée au Canada, j’ai poursuivi mes études en parallèle de mon emploi en obtenant les titres professionnels de CFE (Certified Fraud Examiner) et d'administrateur agréé (Adm.A.). Je prépare également un certificat en langues étrangères à l’UQAM. À mon humble avis, étudier est la plus belle activité qui existe.

Votre tout premier emploi ? Qu'en avez vous retenu ?

Très tôt, je me suis destiné à une carrière universitaire. La raison principale de ce choix est mon souhait de disposer d’une réelle liberté de penser et d’avoir du temps pour réfléchir. Trop souvent, le besoin de développer une activité commerciale, ou les exigences d’un client, empêche un professionnel de prendre du recul sur son métier et sur les défis qu’il rencontre. En tant que professeur d’université, je ne rencontre pas ce problème et je peux prendre ce recul indispensable pour la compréhension et l’amélioration des pratiques professionnelles.

Vous avez une expertise en gouvernance. Qu'est ce qui vous passionne dans la gouvernance ?

Mon goût pour la gouvernance est naturellement issu de mes études mêlant droit, finance et comptabilité. J’aime pouvoir dégager des questions et trouver des réponses en allant chercher dans chacun des domaines. Mon sujet de thèse était la protection des actionnaires minoritaires au sein des entreprises cotées. Je l’ai soutenu en 2003, c’est-à-dire peu de temps après les scandales d’Enron et de Worldcom. C’était passionnant de travailler sur un sujet qui connaissait une aussi grande actualité et c’est cette expérience qui m’a confirmé que la gouvernance était un champ d’études très intéressant.

Vous donnez un cours intitulé Qualité de l’information comptable, gouvernance et fraude financière. Vous y abordez les risques associés à la gestion du pouvoir au sein de l’entreprise. Quels sont ces risques ?

J’y explique que la gouvernance est la gestion des pouvoirs et des conflits d’intérêts au sein de l’entreprise. Cette définition implique tous les acteurs, qu’ils soient dirigeants, administrateurs ou auditeurs, et tous les risques, qu’ils soient financiers ou juridiques. Dans cette perspective, le conseil d’administration est au cœur de la gouvernance et ses fonctions de contrôleur et d’apporteur d’idées nouvelles sont essentielles.

Mon objectif est de montrer que le rôle des administrateurs est essentiel. J’y cite un extrait du Confiseur d’O.L. Barenton : « Le conseil d'administration est une des manières les plus distinguées de perdre son temps. (…) Toute séance du conseil d'administration comporte deux opérations importantes, et deux seulement : la signature du registre de présence et la fixation de la date de la prochaine séance. (…) Qui se plaint de l'inactivité des administrateurs, a tort. Un conseil qui agit sème le désordre. Pour qu'une affaire soit prospère, il faut que le conseil ne fasse rien ». J’espère que mes étudiants quittent mon cours en comprenant que la situation réelle doit être différente de cette analyse passée.

6. Pour vous, quelle est la valeur ajoutée de porter le titre Adm.A. aujourd’hui ?

Obtenir le titre Adm.A. est un signal qu’émet un administrateur pour souligner, d’une part, sa volonté de faire preuve de professionnalisme dans sa tâche et, d’autre part, son souhait de se tenir à jour concernant les meilleures pratiques en matière de gouvernance.

8. Quel autre métier auriez-vous pu faire ? Pourquoi ?

Il est difficile de répondre à cette question, car peu de métier offre la même liberté d’esprit et la même qualité de vie que celles d’un professeur. Toutefois, si j’avais dû choisir un autre métier, je crois que je serais devenu avocat. La réflexion juridique est celle qui se rapproche le plus de celle d’un universitaire.

7. Avez-vous des sites Internet que vous aimez consulter ?

Du point de vue financier, la presse économique bien entendu, mais également les sites d’universitaires proposant des travaux intéressants (Damodaran, Jay Ritter, …). En matière de gouvernance, le site SSRN offre une quantité d’études récentes et de qualité exceptionnelle.

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