Maya Raic | Ordre des administrateurs agréés du Québec

Portraits d’Adm.A.

Maya Raic

Adm.A.

Présidente-directrice générale | Chambre de l’assurance de dommages

Publié le : 31 décembre 2013

Entrevue avec Madame Maya Raic, présidente-directrice générale de la Chambre de l’assurance de dommages depuis près de 15 ans et présidente du conseil d’administration de la Régie des installations olympiques depuis 2008. Ses études en sciences politiques l’ont d’abord amenée à occuper divers postes dans l’appareil gouvernemental notamment à titre de directrice d’un cabinet ministériel. À la suite d’une fructueuse carrière au sein du secteur public, elle joint l’équipe à l’origine de la création de la Chambre de l’assurance de dommages. Madame Raic détient également un MBA et elle est membre Adm.A depuis 1995. Entretien avec une femme qui a su, avec brio, intégrer ses diverses expériences au bénéfice de tous.

Qu’est-ce que la Chambre de l’assurance de dommages ?

La Chambre de l'assurance de dommages (ChAD) est un organisme d’autoréglementation dont la mission est la protection du public en matière d’assurance de dommages et d’expertise en règlement de sinistres. La ChAD veille à la formation continue obligatoire de plus de 14 500 agents et courtiers en assurance de dommages, ainsi que d'experts en sinistre.

Il existe deux grandes catégories d’assurance: l’assurance de personnes (vie, santé) et l’assurance de dommages (incendie, accident ou risques divers) autant pour les particuliers qu’auprès des entreprises.

Sous certains aspects la ChAD ressemble à un ordre professionnel. Bien que nous soyons dans l’univers de l’Autorité des marchés financiers et du ministère des Finances, une partie de notre Loi réfère à une portion du Code des professions notamment en ce qui concerne l’instruction de la plainte au Conseil de discipline. Comme les ordres professionnels, la mission de la ChAD est de protéger le public en veillant à ce que la pratique professionnelle de ses membres soit conforme à la loi et à leur code de déontologie. En plus de la discipline, la ChAD mise sur la prévention auprès des membres, car c’est ultimement bénéfique pour le public.

À titre de Présidente-directrice générale de la Chambre de l’assurance de dommages vous relevez d’un conseil d’administration et d’autre part, vous siégez en tant que présidente du conseil d’administration de la Régie des installations olympiques, quels sont les avantages d’être Adm.A. ?

D’abord, ce que je trouve extrêmement intéressant c'est d'avoir la chance de voir les deux côtés de la médaille. À la Chambre de l’assurance de dommages, je dirige l’organisation tandis qu’à la Régie je dirige le conseil d’administration. Les attentes des deux entités sont complémentaires, mais bien différentes. Je partage cette connaissance avec l’organisation de la ChAD.

Détenir le titre Adm.A. lorsqu’on siège à un conseil d’administration nous permet d’être mieux outillé pour assumer notre rôle en matière de saine gouvernance et aussi de bien comprendre le rôle du conseil d’administration. C’est également une source de confiance pour le public.

Lorsqu’on fait partie d’une organisation, le fait d’être Adm.A. nous permet d'être un peu plus performant et de démontrer une plus grande capacité de gestion. C’est aussi d’avoir accès à de la formation continue. De nos jours, on est vite dépassé, c’est important d’avoir accès à une source fiable d’information et de formation assurant notre développement, ce qui est utile dans notre quotidien. D'ailleurs, on retrouve dans plusieurs ordres professionnels cette obligation de formation continue, tout comme à la ChAD. Je l’estime essentielle à l’accomplissement de notre mission : plus les membres sont formés, mieux le public est protégé. La profession évolue et se développe rapidement et même s'accélère ce qui nécessite une mise à jour constante.

Comment êtes-vous devenue Adm.A. et pourquoi ?

Très honnêtement, c’est quelqu’un qui était membre et qui m’a dit : « Tu devrais devenir membre de l’Ordre ». Il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité. Je me suis renseignée et je me suis rendue compte que c’était effectivement à-propos. J’ai passé les examens et je suis devenue membre.
Détenir un titre professionnel est surtout une source de confiance pour le public. Ça démontre qu’on est formé, certifié et qu’un ordre professionnel encadre nos pratiques. Les gens se disent : « au moins elle est régie par un code de déontologie et elle doit suivre des règles ». Par contre, lorsqu’on décide de porter le titre d’Adm.A. on doit le faire d’abord pour soi, pour notre propre développement.

Quels sont les principaux enjeux des Administrateurs agréés ?

Tout ce que nous vivons actuellement dans notre société en termes d’éthique et de gouvernance. Les colonnes du temple ont été secouées. On sent, un peu partout, des questionnements. Il va falloir que chacun de nous puisse se permettre de questionner parce qu’il n’y a personne qui est à l’abri et dans ce cadre, je pense que l’administrateur agréé a un rôle-clé à jouer pour rétablir la confiance qui est actuellement passablement ébranlée.

Que diriez-vous à un jeune diplômé qui entre sur le marché du travail ?

J’ai un intérêt pour la place des femmes dans le marché du travail. Bien que celles-ci commencent à prendre leur place dans les conseils d'administration, il reste du chemin à parcourir. Je suis personnellement une adepte du quota, et ce, malgré ce que certaines personnes en pensent. Parce qu’il faut constituer un bassin pour bâtir les fondations.
J'aimerais encourager les jeunes femmes à foncer et à prendre une place au sein des organisations et dans la gestion d'entreprise. Détenir un titre professionnel donne de l'élan au diplôme, c’est aller un peu plus loin que ce qui est attendu. C’est une combinaison gagnante pour se bâtir une carrière qui soit intéressante. Maintenant, on va souhaiter qu’à l'autre bout du spectre les autorités compétentes soient là pour imposer des quotas afin qu’il y ait de la place pour la jeune femme qui souhaite devenir gestionnaire et qui souhaite casser le plafond de verre.

Les femmes ont une façon différente de voir les choses et nous sommes complémentaires aux hommes. La littérature financière nous indique que les sociétés inscrites en bourse et qui comptent des femmes à leur conseil d’administration sont plus performantes. Alors ciel! Allons-y! Pourquoi se retenir?

Les jeunes en général font face au défi intergénérationnel, ils vont devoir faire leur place et en même temps comprendre la génération des baby-boomers. Ils ont « la bougeotte », ils veulent un environnement leur permettant de progresser dans l’organisation où ils peuvent se faire « challenger ». Il faut leur offrir un développement professionnel suffisamment intéressant pour qu’ils désirent poursuivre dans l’organisation. Le modèle d'affaires doit permettre à ces jeunes de progresser. S'ils sont bien encouragés, ils vont rester et offrir le meilleur d’eux-mêmes. Ils peuvent mener l'organisation à un plus haut niveau parce qu'ils ont de nouvelles façons de voir, de communiquer et de faire des affaires.

L’auteure, Madame Line Lacroix, Adm.A., est membre de l’Ordre des administrateurs agréés du Québec depuis 2006 et agit aussi comme bénévole. Elle a reçu le Prix Reconnaissance lors du Congrès des ADMA 2013. Les informations contenues dans ce portrait sont exactes à la date de publication de l'entrevue, soit le 6 décembre 2013.

 

Les informations contenues dans ce portrait sont exactes à la date de publication, soit en décembre 2013.

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