Yves Durocher, Adm.A. | Ordre des administrateurs agréés du Québec

Portraits d’Adm.A.

Yves Durocher

Yves Durocher, Adm.A.

Adm.A.

Coordonnateur de l’amélioration continue | Chantier Maritime Davie Canada

Publié le : 14 novembre 2020 | Dernière modification le : 24 novembre 2020

Aujourd’hui, vous êtes coordonnateur de l’amélioration continue au sein du Chantier Davie Canada. Quelles sont vos responsabilités à ce poste ?

Le Chantier maritime Davie Canada vit présentement des défis incroyables et extrêmement stimulants pour l’ensemble de ses employés. Par ses nouveaux contrats de la Marine royale canadienne et de l’inauguration du Centre canadien des technologies polaires et de l’expertise arctique, l’entreprise est en pleine transformation tant au niveau de la culture que de sa gestion de projet. Le dynamisme des employés est gage de réussite. En lien avec cette nouvelle étape, j’assume les responsabilités reliées au déploiement de culture notamment, en ce qui a trait à la formation des gens aux principes Lean et à la rédaction d’articles dans le Journal interne L’Esprit Davie.

On ne peut parler d’amélioration continue sans faire de gestion de projet. Je suis directement impliqué dans la réalisation de projets de petite, moyenne et grande envergures qui touchent particulièrement l’opérationnel et les services. En comité, je participe à la priorisation des projets basés sur les valeurs de la Davie et j’en assure la gouvernance corporative.

Vous avez passé une part importante de votre carrière chez Bombardier. Vous avez une formation en peinture aérospatiale et traitement de surface et avez commencé par un poste orienté qualité et audits. Puis, par la suite, vous êtes devenu petit à petit gestionnaire de projets et expert en amélioration continue.

Bombardier est une excellente entreprise où le cheminement professionnel est favorisé. Lorsque j’étais agent de qualité au département de finition, j’ai eu l’occasion d’intégrer un groupe d’amélioration continue dans le service de la chaîne d’approvisionnement. Intégrer ce groupe, dédié essentiellement à des projets d’optimisation chez nos fournisseurs, fut sans aucun doute une des périodes le plus marquantes de ma carrière. Ce changement m’a permis d’orienter ma carrière vers une fonction qui ne m’avait jamais effleuré l’esprit. D’un point vue humain, ce choix m’a changé profondément.

D’entrée de jeu, ce nouveau poste a augmenté ma confiance en moi et m’a permis d’effectuer des tâches et d’assumer des responsabilités où ma débrouillardise et ma curiosité intellectuelle ont été mises à rude épreuve. De plus, cette nouvelle orientation, soutenue par une gamme complète de formations offertes par mon employeur, m’a donné le goût d’apprendre. De fil en aiguille, ont été concrétisées ma certification en Lean / Six sigma et, à 54 ans, j’ai complété un microprogramme spécialisé en rémunération. Ces acquis sont venus optimiser mes outils afin de rendre mes interventions plus précises et efficaces au sein de la communauté.

Profession gestionnaire, c’est ?

C’est avant tout une personne près de ses gens. Une personne qui sait aller chercher le meilleur de tous et les amener vers un but commun, orientée vers la vision de l’entreprise. Un gestionnaire se doit d’être un coach et un pédagogue qui sait remettre en question les façons de faire, qui inspire les employés sous sa gouverne et qui croit que l’erreur est un mode d’apprentissage précieux. En terminant, un bon gestionnaire saura assurer le développement et compétences de ses employés.

Pourquoi être Adm.A. ?

Avoir le privilège de joindre une confrérie regroupant des gens de différents domaines qui mettent en commun leur expérience et expertise au profit d’autrui est aligné avec mes valeurs et me permettra d’y ajouter ma contribution. Il y a aussi à travers ce processus une forme de reconnaissance de mon cheminement professionnel qui, je dois dire, n’est pas négligeable. De plus, les services offerts au sein de l’Ordre sont pertinents et intéressants. Je vois ceux-ci comme d’excellents guides et leviers à utiliser dans mon cheminement professionnel.

Quel conseil vous a permis d’aller plus loin ?

Pourquoi pas ? Ce conseil est venu d’un directeur qui m’a offert de migrer d’un poste syndiqué à un poste salarié. Rempli d’incertitudes en regard des responsabilités et des connaissances requises pour ce poste, cette question posée m’a permis de relativiser mon choix et de prendre le recul nécessaire. Cette réflexion m’a positionné face à mon avenir et en a changé la trajectoire. Encore aujourd’hui, lors de mes coachings et interventions, j’applique ces principes. Un « pourquoi pas » catalyse les conversations, incite à la créativité et surtout incite les gens à se surpasser.

Vous semblez aimer les « gros » moyens de transport. Hasard ou intérêt particulier ? Les trains et, disons… les capsules spatiales pourraient être des défis à venir ?

Simplement le hasard. Ces secteurs manufacturiers sont hors normes par leurs produits et équipements. Ce type d’entreprise représente des écoles extraordinaires pour ceux qui y travaille. Le domaine de l’aviation, par exemple, se démarque avant tout par la rigueur des processus et sa gestion de la qualité. Cette situation nous offre une gamme de possibilités de perfectionnement et nous inculque une rigueur dont je ressens encore aujourd’hui les bienfaits.

Je débute ma carrière au Chantier maritime Davie Canada et il y a beaucoup à faire. Les défis sont titanesques. À la Davie, tout comme chez Bombardier, je suis comblé par ce milieu qui m’apprend tous les jours. Je trouve ces secteurs d’activités stimulants car ce sont des entreprises atypiques qui ont des cycles propres à eux. Pour ce qui est d’un avenir pour un éventuel autre « gros » moyen de transport, je dois vous avouer que le temps me manque quelque peu.

Comment imaginez-vous l’amélioration continue dans les décennies à venir ? Vers quoi s’oriente-t-on ? Vers quoi devrait-on s’orienter ?

« On a longtemps cru que c’était la performance qui générait le bonheur alors qu’en réalité c’est le contraire : c’est le bonheur qui génère la performance ! ». Inspirant ! J’évolue dans le secteur de l’amélioration continue depuis 15 ans. La gestion de la performance, promue par les dirigeants ou des firmes de consultants, est principalement axée sur les trois piliers fondamentaux soit : coûts, délais et qualité. Mais que savons-nous du bien-être des employés au sein de ces mêmes entreprises ? Vraiment très peu.

Nous tentons bien sûr de mettre en place des paramètres favorables à l’éclosion de talents permettant de mettre de l’avant des pratiques mondialement reconnues. Ces pratiques varient d’un milieu à l’autre, d’une profession à l’autre et fluctuent en raison de leur emplacement géographique. Les moyens sont nombreux. Parmi ceux-ci, il y a entre autres les primes de performance, un environnement de travail optimisé, l’accord travail-famille et le télétravail. Mais un aspect demeure commun pour tous les employée, le bien-être (well-being). Je crois que nous devons favoriser une réflexion en profondeur sur la place du bien-être, du bonheur dans nos milieux de travail et prioriser l’humain. Reconnaitre, partager et avoir de la gratitude sont de nombreux aspects sur lesquels nous devrions focaliser. Le bien-être est un langage universel qui trouve preneur et ce, peu importe le milieu, la situation géographique, l’environnement d’où proviennent les employés.

Personnellement, il y aurait plusieurs avantages tant au niveau professionnel que personnel. Une humanisation de l’amélioration continue axée sur le bien-être par exemple, aurait comme conséquence que l’employé partagerait d’avantage ses expériences positives vécues et reconnues durant la journée aux membres de sa famille le soir venu et ainsi prolongerait le bien-être ressenti durant la journée.

En rafale

  • Qu’est-ce qui vous intrigue ou fascine dans la vie ?
    Je suis fasciné par la capacité des gens à saisir le bonheur, à en tirer le maximum et d’avoir la bienveillance d’en partager les fruits et ce, sans jugement.
  • Un personnage historique ou contemporain qui vous impressionne ?
    L'astronaute québécois David St-Jacques est une source d’inspiration par son cheminement professionnel mais avant tout par sa simplicité, son intégrité et l’accessibilité de son message. La manière dont il vulgarise son environnement de travail, lors de ses entrevues à la télévision ou en présence sur les médias sociaux, m’a permis de comprendre sa démarche scientifique durant ses missions.
  • Un mot que vous trouvez beau ?
    Bienveillance, pour nous et pour les autres. Un mot rempli d’espoir.
  • Quelle est l’invention domestique la plus géniale selon vous ?
    La table de cuisine. Elle nous permet de s’y retrouver en famille et entre amis pour discuter et échanger. La table permet encore aujourd’hui d’agir en tant que trait d’union et de se retrouver afin de festoyer, rêver et ce, peu importe la société dans la laquelle on se trouve.
  • Trois objets indispensables dans votre vie professionnelle et/ou personnelle ?
    • Le tableau, pour rejoindre ma clientèle visuelle lors de mes présentations.
    • Le crayon, qui permet de transformer le rêve en projet.
    • La gomme à effacer qui autorise l’erreur.
  • Un véhicule qui vous interpelle ?
    Les avions. Car nous ne sommes pas faits pour voler. Il s’agit sans aucun doute de l’invention la plus contre-nature qui soit. L’ingénierie déployée pour y arriver est le résultat de l’abnégation d’une poignée de rêveurs qui nous aura permis d’accomplir l’impossible.
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