L'éthique professionnelle dans une situation délicate | Ordre des administrateurs agréés du Québec

Conseil en management

L'éthique professionnelle dans une situation délicate

Joseph Salloum, Adm.A., C.M.C.

Publié le : 17 décembre 2018 | Dernière modification le : 20 décembre 2018

Qu'est ce que l'éthique professionnelle ?

L’éthique professionnelle, c’est faire des choix fondés sur des valeurs partagées par les membres d’une profession. La qualité du service et la représentation fidèle des compétences comptent par exemple parmi les valeurs les plus importantes pour un C.M.C. Ces valeurs sont encadrées par la Loi et définies par le Code de déontologie. Cependant il reste parfois des zones grises pour lesquelles les interprétations peuvent varier. Ainsi, quelle qualification est suffisante pour se déclarer compétent dans un certain domaine ? De même, des conflits d’intérêts, ou apparences de conflits d’intérêts, peuvent survenir dans certaines situations mettant à l’épreuve plusieurs des valeurs qui sont partagées par les C.M.C.

L’importance de l’éthique dans les relations d’affaires

Le monde des affaires évolue constamment et le développement de relations constructives et mutuellement bénéfiques est de plus en plus complexe. Dans cette réalité des affaires du XXIe siècle, les relations doivent être fondées avant tout sur la confiance. En effet, la spécialisation des compétences est toujours plus poussée et il est souvent difficile pour le client de bien comprendre les fondements du travail effectué dans le cadre d’un mandat. Combien de personnes vont, par exemple, suivre les recommandations de leur comptable sans rien saisir des raisons fiscales qui les motivent ?

Des recours existent contre les manquements à l’éthique, que ce soit des mensonges, un travail mal exécuté ou encore une facturation déraisonnable pour les services fournis, mais ils sont coûteux en temps et en argent. C’est pourquoi une éthique professionnelle sans reproche est non seulement attendue d’un C.M.C., mais est aussi cruciale au développement de la réputation et, incidemment, des opportunités d’affaires.

L’éthique professionnelle dans les activités d’un gestionnaire

Un gestionnaire compétent doit posséder plusieurs qualités telles qu’une communication efficace, une grande autonomie, un sens accru des responsabilités et la capacité à faire confiance aux personnes qui l’entourent. Toutes ces qualités ont une finalité : les entreprises font face à des situations imprévisibles de façon quotidienne et les gestionnaires doivent avoir plus d’une corde à leur arc pour être une source de stabilité et être en mesure de répondre vite et efficacement pour maintenir la cohésion et la performance de leur équipe.

L’éthique professionnelle fait aussi partie de ces qualités essentielles. En effet, les individus ont besoin d’être respectés, d’avoir un sentiment d’accomplissement et d’avoir confiance en leur équipe afin d’être performants. Or, un gestionnaire sans éthique professionnelle ne peut fournir les conditions gagnantes à son personnel.

La situation du marché québécois

La réalité du marché québécois est très particulière. L’industrie de la province est composée à 99% de PE et de PME1. La majorité d’entre elles appartiennent à des entrepreneurs de plus de 50 ans, dont environ les deux tiers détiennent au mieux un diplôme d’études collégiales.

Le portrait québécois des affaires est varié tant sur le plan de l’éducation que de l’âge. Les différentes régions administratives font aussi face à des défis qui leur sont propres. Dans cette réalité, il est inévitable que les valeurs importantes pour les gestionnaires varient grandement de l’un à l’autre. Ce choc est d’autant plus grand qu’un bon nombre est en processus de transition vers une relève plus jeune qui amène de nouvelles priorités et de nouvelles approches aux relations d’affaires.

Or, l’éthique professionnelle est avant tout fondée sur des valeurs et, bien que certaines d’entre elles survivent au temps, certaines sont mises de l’avant et d’autres sont reléguées au second rang. Le rapport à l’éthique est donc constamment en évolution. En tant que professionnels et C.M.C., il est important de prendre en compte cette situation dans son approche professionnelle, si l’on veut pouvoir s’ouvrir de nouveaux horizons d’affaires.

Gérer les conflits de valeur

La complexité du marché, la variété des acteurs qui le compose et l’imprévisibilité des affaires sont autant de facteurs qui font que l’on peut se retrouver en conflit éthique malgré soi. Comment réagir face à des situations où les intérêts de nos partenaires se heurtent aux nôtres ? Comment répondre à des situations où l’on semble être obligé de choisir entre son travail, principale source de revenus, et ses valeurs ? Quelles sont les possibilités et les limites du code de déontologie à évoluer avec le marché et quand doit-on, en tant que professionnel, prendre l’initiative de compenser la « zone grise » ?

L’atelier du mardi MCM du 8 janvier 2019 permettra d’apporter des pistes de réponses à ces situations complexes dont toutes les parties semblent parfois perdantes, en se basant sur des exemples réels tirés du milieu entrepreneurial québécois.


1 La Presse, édition du 5 octobre 2016.


 Les mardis conseil en management | La responsabilité professionnelle dans une situation délicate.
(à Montréal le 8 janvier 2019)

La discussion aidera les participants à :

  • Discuter du rôle qu’un gestionnaire doit jouer dans une entreprise en comparaison avec le rôle de conseiller C.M.C. ;
  • Définir des principes et des valeurs qui respectent le code de déontologie et ne pas en déroger ;
  • Identifier les actes malsains dans une organisation et prendre des actions pour implanter une saine gestion.

ALLER PLUS LOIN : LES MARDIS CONSEIL EN MANAGEMENT

La responsabilité professionnelle dans une situation délicate, le 8 janvier 2019 à Montréal.
Joseph Salloum, Adm.A., C.M.C.

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Joseph Salloum, Adm.A., C.M.C.