L’impact d’un consultant dans le développement durable | Ordre des administrateurs agréés du Québec

Conseil en management

L’impact d’un consultant dans le développement durable au Québec : rêve ou réalité ?

Frédéric Gaurier, Adm.A., candidat C.M.C.

Publié le : 19 avril 2021 | Dernière modification le : 20 avril 2021

La notion de « durabilité » a pris beaucoup de sens au travers de l’expérience collective que nous vivons depuis quelque temps.

  • Depuis 2001 : plus d’incertitude et de volatilité constatées par les professionnels de la planification et des marchés.
  • Depuis 2011 : la notion de crise « cyclique » se concrétise dans de nombreux foyers et petites entreprises.
  • Depuis 2020 : chacun de nous (re) découvre la forte interdépendance à notre environnement et la nécessaire humilité de notre humanité.

Quel rapport avec le conseil en management, direz-vous ?

Par son expertise et son expérience, le consultant fait souvent office de « référent »

La durabilité est holistique : à partir de chacun d’entre nous, les sphères d’influence s’exercent dans les environnements personnels, professionnels et publics. Par nos comportements, nous pouvons chacun influer dans l’ensemble de ces sphères, en tant que parent, ami, consommateur, citoyen, employé, actionnaire, élu, bénévole. Par ailleurs, chacune de ces sphères possède son modèle de référence « durable » :

  • pour les gouvernements et l’économie,  le modèle du « Donut » de Katie Rayworth,
  • pour les individus et la vie personnelle, l’ikigai ».
  • pour les organisations, ce sont les 8 facettes du « diamant » des entreprises qui durent (Vision, Indicateurs, Processus, Systèmes d’information, Compétences, Organisation, Amélioration continue et Capitalisation d’expérience).

Thème 1
  Le développement et la performance durables sont-ils des incontournables dans une approche de conseil 
À partir de ce cadre de référence, l'atelier pourra se construire en réactions constructives et en retours d’expérience concrets.

 

Confronté à la réalisation d’un mandat, le consultant doit-il simplement répondre à la question ou à la problématique posée ?

Nous avons tous été confrontés à la manière de répondre d’un de nos clients face à une problématique. Selon le code éthique de notre profession, nous devons prendre en compte l’intérêt des parties prenantes et passer la problématique de nos clients au fameux « filtre des 7 questions ». Or, dans tout mandat, il existe presque systématiquement des parties prenantes silencieuses, implicites ou invisibles, qui ne peuvent faire valoir leur intérêt, par exemple :

  • l’ensemble du personnel de l’organisation en tant qu’individus ou chargés de famille (pas seulement en tant qu’employés).
  • la communauté impactée par l’activité économique de l’entreprise (contribution monétaire, implication dans les initiatives locales, espace physique).
  • l’environnement influencé par les opérations (consommation de ressources, rejets d’extrants).

Dans ces cas, c’est à nous, consultants praticiens, de considérer ces enjeux et d’aider nos clients à les voir et les considérer, sinon il semble que nous ne faisons pas notre devoir de conseil.

Thème 2
  Pense-t-on réellement et concrètement au développement durable dans nos interventions de conseil ? Si nous faisons une recommandation client, devrait-on sortir du cadre pour prendre en compte des considérations collectives en rapport avec la durabilité ?
À partir de cette problématique concrète, les retours d’expérience et convictions des participants devraient générer des confrontations constructives. 

 

Le contexte Québécois présente-t-il un aspect spécifique par rapport au reste du Canada et à d’autres pays ?

Certains d’entre nous ont pratiqué auprès d’organisations internationales ou hors du Québec. Ce recul permet de voir en comparaison les éventuelles spécificités de notre province. Si nous nous remettons dans le contexte de la performance durable, il est intéressant de voir quels sont les invariants constatés ici au Québec et quels sont, au contraire, les particularismes récurrents observés.

D’origine franco-allemande, et ayant pratiqué dans une vingtaine de pays, je peux personnellement témoigner de traits culturels qui facilitent ou freinent l’approche de performance durable : le rapport au temps, la relation à la nature, la dominance individuelle ou collective dans la prise de responsabilité, le rapport au risque, le rapport à la confiance, le caractère universaliste ou particulariste de la culture. Autant de facteurs qui amènent à considérer différemment l’approche de la relation client dans un mandat de conseil.

Thème 3
  La pratique au Québec présente-t-elle des enjeux spécifiques par rapport à la performance durable ? Quels éléments favorables ? Quelles barrières potentielles ?
À travers les expériences surement riches de chacun, nous tenterons de voir comment guider nos clients de manière concrète avec ce nouvel éclairage, de déterminer si nos mandats impactent durablement et positivement les performances sociales et environnementales de nos clients.

 

 Poursuivez la réflexion lors du Mardi Conseil en Management du 4 mai 2021, de 9h00 à 11h00.

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Frédéric Gaurier, Adm.A., candidat C.M.C.
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