Comprenez-vous bien vos investissements ? | Ordre des administrateurs agréés du Québec

Planification financière

Comprenez-vous bien les véhicules de placement
dans lesquels vous investissez ?

André Sirard, Adm.A.
  • André Sirard
  • M. Sc., CFA, ASC, Adm.A.
  • Président et chef de la direction | Financière des professionnels

Publié le : 26 mars 2019

Bâtir un portefeuille de placements exige de multiples prises de décisions. L’une des plus importantes concerne la répartition respective des obligations et des actions parce qu’à long terme, elle aura un impact majeur sur les rendements. Quel pourcentage êtes-vous prêt à allouer à chacune des classes d’actifs ?

Pourcentage et rendement

Bien des investisseurs optent pour le fameux 50/50. En l’absence de boule de cristal, couper la poire en deux n’est-elle pas une option raisonnable ?

Ces trente dernières années, la tendance à la prudence ne s’est pas avérée si mauvaise. Pour un investisseur canadien, l’indice des obligations et celui des actions ont réalisé sensiblement les mêmes rendements annualisés (avant inflation)[1] :

  • 7,6 % pour les actions canadiennes
  • 10,5 % pour les actions américaines
  • 8,7 % pour les obligations à long terme

Au cours de cette période, même l’investisseur le plus prudent a pu égaler (ou presque !) les rendements de son collègue plus audacieux ! Les prochaines décennies risquent d’être différentes : avec des taux d’intérêt très bas, le marché des obligations peinera à générer ses rendements historiques. Il est donc important de revoir les caractéristiques et attentes en termes de rendement des deux principales catégories de placements.

Les obligations, la vache à lait des 30 dernières années

Les obligations sont essentiellement des dettes et en les achetant, vous devenez un créancier. L’institution garantit sa dette par des actifs, ou parfois simplement sur la base de sa bonne réputation. Habituellement, vous recevez un paiement d’intérêt deux fois par année, qui peut être émis par des gouvernements (fédéral, provinciaux et municipaux) ou des entreprises. Les obligations représentent la partie la plus sécuritaire du portefeuille. Rappelons qu’en 2008-2009, au plus fort de la dernière grande crise boursière et alors que les places boursières du monde reculaient de -30 % à -40 %, un portefeuille d’obligations canadiennes bien diversifiées générait un peu plus de 6 %.

Le rendement des obligations est habituellement beaucoup plus stable que celui des actions, mais, en contrepartie, l’espérance de rendement est théoriquement plus faible. Au cours des dix dernières années, le rendement de l’indice obligataire canadien a évolué entre -1,2 % (2013) et + 9,7 % (2011), sa moyenne se situant à 4,9 % par année. Par contre, le contexte actuel des faibles taux amène à revoir les projections pour les rendements futurs. Les nouvelles Normes d’hypothèses de projection 2019 de l’IQPF[2] sont de 3,9 % par année… avant les frais. Comme il est recommandé d’augmenter la partie obligataire du portefeuille pour réduire le risque à l’approche de la retraite, ces résultats risquent d’en décevoir plusieurs.

L’alternative : investir dans les actions

Les actions représentent une forme de propriété de l’entreprise. Les actions détenues dans un portefeuille génèrent des revenus, le plus souvent sous forme de gain en capital, mais également par le versement d’un dividende. Leur valeur est théoriquement basée sur les bénéfices de l’entreprise et s’exprime par le ratio cours/bénéfice (ou RCB), qui mesure combien un investisseur est prêt à payer pour un dollar de bénéfice courant. Il existe une multitude d’analyses possibles pour évaluer une entreprise, mais le RCB est souvent une variable déterminante.

Comparés aux Canadiens anglais ou aux Américains, les Québécois sont historiquement moins enclins à prendre des risques en matière de placements. Cette réticence s’observe également chez les professionnels québécois. Les plus âgés demeurent marqués par l’éclatement de la bulle technologique de l’an 2000 ou, plus récemment, par le krach de 2008. Malgré ces événements dramatiques, les actions demeurent des actifs à privilégier à long terme. C’est ce que démontre l’économiste et historien américain, Jeremy J. Siegel, dans un livre qui a fait école : Stocks for the Long Run[3].

Ses recherches historiques remontent jusqu’à 1802 et portent sur le marché américain, aujourd’hui encore le plus important marché boursier mondial. M. Siegel démontre que le rendement composé annualisé des actions tend vers une moyenne de 6,6 % par année, net de l’inflation (autour de 9,6 % bruts). Bien que les variations annuelles à court terme puissent être très importantes – comme en 2000 et 2008 –, le rendement à long terme surpasse celui des autres grandes classes d’actifs comparables.

Jeremy J. Siegel. Investir sur les actions à long terme, Valor Éditions, 2016

Source : Jeremy J. Siegel. Investir sur les actions à long terme, Valor Éditions, 2016

Dans le cas d’un investisseur canadien, les 66 dernières années nous démontrent qu’en moyenne, une année sur quatre devrait être négative (27 % exactement). Cette tendance s’observe également pour la bourse américaine (26 %)[4]. Par ailleurs, le risque est considérablement atténué dès que l’horizon de placement augmente à cinq ans : 

un investisseur canadien n’a alors qu’une possibilité de 2 % de voir son investissement initial subir un recul[5] : c’est un pensez-y-bien dans le cas des produits garantis pour cinq ans, qui limitent les gains possibles si les marchés sont en croissance. Si l’horizon de placement dépasse quinze ans, le risque d’obtenir un rendement négatif est quasi nul.

Le tableau suivant permet de mettre le risque en perspective :

Risques de rendement négatif des actions au cours du temps - Morningstar

Source : Morningstar

Des combinaisons gagnantes

Il faut cependant avouer que la perspective de subir un rendement négatif une année sur quatre est probablement intolérable pour la plupart des investisseurs. Malgré le fait que ces années négatives soient souvent imprévisibles, un rendement négatif à tous les six à huit ans serait plus « acceptable » à la plupart des investisseurs.

Pour parvenir à ce résultat, il faut combiner les deux grandes classes d’actifs. Comme le démontrent les différentes combinaisons possibles, l’ajout d’obligations à un portefeuille en réduit grandement la volatilité, soit les variations à la hausse ou à la baisse souvent violentes. Ainsi, un portefeuille constitué à 100 % d’obligations, même bien diversifiées, bénéficiera d’une réduction de sa volatilité et d’une croissance de ses rendements si on y ajoute une portion d’actions variées (24 %). Le constat inverse est également vrai : un portefeuille de placement constitué à 100 % d’actions, même bien diversifiées, sacrifiera peu de ses rendements espérés si l’on y ajoute 20 % d’obligations, et bénéficiera même d’une importante réduction de sa volatilité.

Actions et obligations - Risque contre rendement - Morningstar

Source : Morningstar

La valeur du service-conseil

Privilégier une bonne diversification de votre portefeuille reste encore l’un des meilleurs moyens de préparer votre retraite. Informez-vous sur les options qui vous sont disponibles et assurez-vous qu’elles répondent bien à vos attentes et à vos objectifs : votre tranquillité d’esprit en dépend !

 


1. Periodic Table of Annual Returns for Canadians

2. Normes d'hypothèses de projection 2017. Institut québécois de planification financière (IQPF)

3. Jeremy J. Siegel. Stocks for the Long Run 5/E: The Definitive Guide to Financial Market Returns & Long Term Investment Strategies, 2013. McGraw-Hill Education, 5th edition, 448 p.

4. ICMA Retirement Corporation

5. Commission des valeurs mobilières de l’Ontario


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Un placement peut donner lieu à des courtages, des commissions de suivi, des frais de gestion et autres frais. Veuillez lire le prospectus avant de faire un placement. Chaque taux de rendement indiqué est un taux de rendement total composé annuel historique, qui tient compte des fluctuations de la valeur du portefeuille et du réinvestissement de toutes les distributions, et qui ne tient pas compte des commissions d’achat et de rachat, des frais de placement ni des frais optionnels ou de l’impôt sur le revenu payables par un investisseur, qui auraient pour effet de réduire le rendement. En ce qui concerne les rendements des approches de Financière des professionnels – Gestion privée inc., il s’agit d’un rendement théorique basé sur un portefeuille modèle. Le taux de rendement est calculé selon la méthode de Dietz modifiée; la comparaison entre les indices peut varier en fonction de la taille du portefeuille, du moment auquel la transaction est effectuée et de l’objectif du mandat. Les titres des fonds ne sont pas assurés par la Société d’assurance-dépôts du Canada. Un portefeuille comprend généralement des titres qui ne sont pas assurés ou garantis; leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n’est pas indicatif de leur rendement dans l’avenir.

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