André Sirard | Ordre des administrateurs agréés du Québec

Portraits d’Adm.A.

André Sirard

Adm.A.

Président et chef de la direction | Financière des professionnels

Publié le : 30 avril 2014

Passionné depuis plus de 30 ans par les questions économiques et financières, André Sirard a suivi une formation générale dans ce domaine et a obtenu son baccalauréat puis sa maitrise en Sciences économiques à l’Université de Montréal. Il a tout de suite commencé sa carrière comme économiste junior à la Caisse de dépôt et placement du Québec, en 1981, au beau milieu d’une récession économique sévère. Il était alors responsable de faire le suivi des indicateurs macroéconomiques et financiers pour l’Amérique du Nord.

André Sirard a poursuivi et bâti sa carrière au sein de différentes sociétés financières (institutions bancaires, compagnies d’assurances et firmes de gestion de portefeuilles). Il est depuis janvier 2009 président et chef de la direction de la Financière des professionnels, une firme de gestion de patrimoine. Il est aussi formateur en gouvernance financière au Collège des administrateurs de sociétés.

Monsieur Sirard est CFA depuis 1992, ASC et membre de l’Ordre des Adm.A. depuis 2012.

Comment êtes-vous passé de l’économie à la gestion de portefeuilles ?

« J’ai pris le goût du placement dès mon premier emploi au service d’études économiques à la Caisse de dépôt et placement du Québec. J’ai poursuivi ma carrière pendant quelques années comme économiste financier à la Banque Nationale du Canada, avant de bifurquer en gestion de portefeuilles chez Sodarcan en 1986, notamment en gestion des obligations canadiennes et de la répartition tactique d’actifs. Au fil des années, mes responsabilités ont évolué pour inclure des fonctions de service à la clientèle et de développement des affaires pour la clientèle institutionnelle et individuelle fortunée (Gestion placements Desjardins/Canagex, TAL Gestion globale d’actifs et Fiera Capital). J’ai aussi occupé pendant quelques années le poste de chef des placements pour CIBC Gestion privée de patrimoine.

À la fin des années 80, j’ai amorcé des études pour obtenir le titre de CFA («Chartered Financial Analyst»), formation dispensée par l’organisation américaine CFA Institute. Cette désignation d’analyste financier agréé est l’une des formations recherchées pour les professionnels qui aspirent à un poste en gestion de portefeuilles ».

Les professionnels de la gestion de placements sont parfois perçus comme des joueurs…

« Il n’est pas question de jeu ici. Il s’agit de gestion d’actifs financiers avec contrôle du risque, dans un environnement très réglementé. On suit les développements économiques et financiers à travers le monde et on tente de prévoir leur évolution future. Des projections sont faites, entre autres, sur la conjoncture économique, l’inflation et l’orientation de la politique monétaire dans les pays industrialisés, mais aussi dans les pays en émergence. Le positionnement des portefeuilles se fait ensuite en fonction de ces prévisions, en tenant compte bien sûr des particularités propres au client.

Que l’on gère les portefeuilles de clients institutionnels (caisses de retraite, compagnies d’assurances, fondations, etc.) ou individuels, il faut agir conformément à la politique de placement du client. On est donc très loin du casino ! La crise financière de 2007-2008 a marqué bien des investisseurs. La gestion du risque de placement a nettement gagné en importance ces dernières années. De nouveaux outils de mesure et de gestion du risque ont d’ailleurs été développés pour mieux encadrer la gestion des portefeuilles.

Enfin, il faut rester très humble en gestion de portefeuilles. Il n’existe pas de boule de cristal pouvant nous assurer de l’exactitude de nos prévisions économiques et financières. Comme bien d’autres gestionnaires de portefeuilles, il m’est arrivé d’avoir raison… et de me tromper ! ».

Financière des professionnels

« Je suis président et chef de la direction de Financière des professionnels depuis cinq ans. La Financière est une firme de gestion de patrimoine qui s’adresse à tous les professionnels au Québec. Elle fut créée il y a plus de 35 ans déjà par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) pour répondre aux besoins de ses membres qui cherchaient une façon de mieux gérer leur épargne retraite. Outre la FMSQ, le principal actionnaire de la Financière, quatre autres organisations professionnelles sont devenues actionnaires au fil du temps.

La Financière a aussi développé différents partenariats avec d’autres entités, notamment avec Médecins francophones du Canada en 2011 et l’Ordre des Adm.A. en 2013. Tout récemment, un partenariat d’affaires a été signé avec la Banque Nationale du Canada pour ajouter les services bancaires à notre offre élargie de services, qui inclut une carte de crédit Financière des professionnels.

En plus de nos services en gestion de portefeuilles (famille de fonds d’investissement et gestion privée), nous offrons maintenant une gamme très étendue de services incluant, outre les services bancaires, des services de planification financière, fiscale et successorale, d’assurances et de facturation médicale. Tout un éventail de services, dont certains offerts par l’entremise de partenaires d’affaires, qui sont habituellement recherchés par les membres de nos associations professionnelles actionnaires et par les autres professionnels ».

Quels sont les défis de votre secteur d’activités ?

« Le secteur est extrêmement concurrentiel. Nos clients sont médecins, dentistes, pharmaciens, architectes, notaires, etc. Ces investisseurs sont évidemment très courtisés par nos compétiteurs. Tous les jours, nous nous efforçons de rencontrer les besoins de nos marchés-cible et de développer une offre de service compétitive. Notre taille et notre connaissance pointue du cycle de vie financier des professionnels permettent à la Financière des professionnels de personnaliser davantage l’approche de gestion de patrimoine pour chacun de nos clients ».

Que diriez-vous aux jeunes qui envisagent une carrière dans ce secteur ?

« C’est un domaine passionnant qui fait appel à la curiosité et à la discipline. Quand on fait de la gestion de portefeuilles, il faut suivre de près les principaux développements économiques, financiers et géopolitiques partout dans le monde, et non plus uniquement en Amérique du Nord, en Europe et au Japon, comme c’était le cas quand j’ai commencé ma carrière en 1981. La prise de décisions en matière de gestion de portefeuilles doit tenir compte de toutes ces variables, cela dans un environnement de mondialisation de l’économie, d’importance grandissante des pays émergents et d’intégration des marchés financiers. Au départ, une formation solide en finance et la désignation de CFA sont recommandées si on vise la gestion de portefeuilles. Si on veut faire de la gestion de patrimoine au sens large, il est important de suivre une formation en planification financière (Pl. Fin.) L’expérience viendra par la suite. Évidemment, des aptitudes relationnelles développées aident toujours lorsqu’il est question de relations avec la clientèle».

Être Adm.A.

« Les valeurs de l’Ordre me touchent particulièrement, surtout l’éthique, l’intégrité et la volonté de transparence qui rejoignent les valeurs de Financière des professionnels. Ce sont des valeurs importantes dans le domaine de la gestion de patrimoine. Quand on veut assurer un niveau optimal en termes de probité professionnelle, on n’a pas d’autre choix que d’aller chercher un titre ou un lien avec un ordre professionnel. On est tous formés, certifiés, expérimentés, mais je considère fondamental l’encadrement de nos pratiques par un ordre professionnel. Malheureusement, il y a eu au cours des dernières années, et il y a encore, des dérives et des problèmes de gouvernance. Alors, d’une façon très humble, on se veut un peu comme les gardiens de la gouvernance et de la saine gestion d’entreprise. Être membre de l’Ordre des Adm.A., en plus d’avoir complété une formation en gouvernance d’organisations, comme celle du Collège des administrateurs de sociétés (CAS), sont des attributs évidemment favorables ».

Vous présiderez le tournoi de golf des Adm.A. le 26 mai prochain

« Je suis très heureux et je me considère privilégié de présider le tournoi de l’Ordre. Je pratique ce sport depuis des années : c’est une activité personnelle et professionnelle très agréable. C’est aussi une belle façon de voir le caractère des gens ! ».

Entrevue réalisée par Florence Lagouarde, coordonnatrice aux communications. 
Les informations contenues dans ce portrait sont exactes à la date de publication de l'entrevue, soit le 29 avril 2014.

 

Les informations contenues dans ce portrait sont exactes à la date de publication, soit en avril 2014.

Imprimer