Marie Rinfret | Ordre des administrateurs agréés du Québec

Portraits d’Adm.A.

Marie Rinfret

Adm.A., présidente de la Commission de l'équité salariale

Publié le : 30 septembre 2015

Maître Marie Rinfret préside la Commission de l'équité salariale depuis presque 5 ans. Après des débuts en pratique privée, elle a bâti l'essentiel de sa carrière dans l'administration publique. Marie Rinfret est membre de l'Ordre depuis avril 2015.

Qu’avez-vous étudié et pourquoi ?

J’ai étudié le droit, avec comme toile de fond la justice sociale. Cette formation fut pour moi une inspiration. Depuis, j’ai toujours cherché à rendre accessible le droit et à promouvoir une application du droit qui soit juste et équitable.

Vous êtes membre du Barreau depuis 1980. Comment êtes-vous arrivée jusqu’à la présidence de la Commission de l’équité salariale.

J’ai commencé ma carrière d’avocate en pratiquant le droit en cabinet privé. J’ai ensuite exercé ma profession au sein de l’administration publique, notamment au Conseil du statut de la femme, au ministère de la Justice et à l’Office des professions du Québec. De 2001 à 2003, j’ai travaillé à la Commission de l’équité salariale à titre de secrétaire et directrice des affaires juridiques. En 2007, j’y ai été nommée commissaire et, finalement, depuis janvier 2011, j’en suis la présidente.

La Commission de l’équité salariale a été créée en 1996. Quelles ont été ses grandes réalisations ? Que reste-t-il encore à faire ?

D’abord, il est tout à fait remarquable de constater qu’il y a 20 ans, l’Assemblée nationale a choisi de prendre une importante décision, à l’unanimité, soit celle de reconnaître le travail des femmes en adoptant la Loi sur l’équité salariale.

Ayant pour mission de s’assurer que les entreprises québécoises réalisent l’équité salariale dans leur entreprise, la Commission de l’équité salariale contribue à cette volonté. Par le fait même, elle permet le respect et l’application proactive de l’article 19 de la Charte des droits et libertés de la personne, qui interdit la discrimination salariale fondée sur le sexe. La Loi sur l’équité salariale est unique et sert de modèle à travers le monde pour la reconnaissance de la différence entre l’égalité et l’équité et pour la mise en place de dispositifs pour assurer l’équité salariale.

Au fil des ans, la Commission – en collaboration avec ses partenaires de tous les milieux – a développé des outils et une expertise spécialisée. La Loi contribue à réduire l’écart salarial lié à la discrimination : elle permet de reconnaître le travail féminin à sa juste valeur et de briser les stéréotypes et les préjugés qui entourent celui-ci. Bien que beaucoup de chemin ait été parcouru en matière d’équité salariale, tant au niveau du taux d’application de la Loi que de la production de la Déclaration de l’employeur en matière d’équité salariale, il reste du travail à faire.

Premièrement, certaines entreprises tardent encore à remplir leurs obligations et il est important que la Commission poursuive ses actions pour qu’elles se conforment à la Loi.

Deuxièmement, en ce qui concerne les entreprises qui ont déjà atteint l’équité salariale, il ne faut pas oublier que la discrimination systémique fondée sur le sexe est un phénomène latent qui peut toujours refaire surface. La Commission continue donc de s’assurer que l’équité salariale soit maintenue dans ces entreprises au cours des prochaines années.

Troisièmement, la Commission poursuit ses efforts pour mieux rejoindre les clientèles les plus vulnérables, telles que les personnes salariées non syndiquées, notamment par ses activités de vérification dans les entreprises. Un effort continu de sensibilisation est également effectué afin que l’équité salariale devienne une partie intégrante des pratiques de gestion et de rémunération des employeurs. À cet effet, la Commission offre toujours du support à ses clientèles et met régulièrement ses outils à jour pour mieux répondre aux besoins de celles-ci.

Pour vous, quelle est la valeur ajoutée de porter le titre Adm.A. aujourd’hui ?

En tant que gestionnaire, le titre Adm.A. m’engage à souscrire à des hauts standards de professionnalisme, de rigueur, d'éthique, de compétence et de transparence dans mon travail. Ces principes de saine gestion sont à mon avis indispensables pour guider les hauts gestionnaires, d’autant plus lorsqu’on œuvre au sein de la fonction publique, c’est-à-dire avec des ressources publiques et la confiance des citoyens et des citoyennes. De plus, porter le titre Adm.A. représente pour moi une belle opportunité de m’inscrire dans un vaste réseau constitué de professionnels compétents et experts dans leur domaine et de pouvoir échanger avec ces personnes.

Avez-vous des sites Internet que vous aimez consulter ?

Sans avoir de sites de prédilection, j’effectue presque chaque jour une veille médiatique de l’actualité à travers plusieurs quotidiens. Outre mes sujets d’intérêt personnel, il est important pour moi, dans l’exercice de mes fonctions, d’être à jour sur les sujets qui peuvent avoir un impact sur l’organisme que je dirige.

Y-a-t-il un proverbe qui vous inspire ou un leitmotiv ?

Je n’ai pas de proverbe ou de leitmotiv précis qui m’accompagne. Cependant, mes actions sont fondées sur des valeurs d’intégrité, d’équité et de partage.

 

MAJ : Marie Rinfret est devenue protectrice du citoyen en mars 2017.

Les informations contenues dans ce portrait sont exactes à la date de publication, soit en septembre 2015.

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